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Jean-Marie MEYER, un homme de convictions

Jean-Marie MEYER est Président de la Fondation AGES depuis sa création. Il répond à 3 questions.

Bavard’AGES : pourquoi avez-vous accepté de vous mobiliser pour la création de la Fondation ? 

« C’est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant, sinon plus, que ce qu’il a reçu », rappelle Jean-Marie MEYER comme une maxime fondamentalement ancrée à l’âme. L’actuel et unique Président de la Fondation AGES déclare avoir eu la chance, tout au long de sa carrière et de sa vie personnelle, de rencontrer les gens qui l’ont amené à faire de l’engagement, une constante de vie. « En ma qualité de Directeur Général d’un Groupe d’Institution de Retraite et de Prévoyance, j’ai toujours privilégié le soutien aux ‘laissés pour compte’ de notre société et aux personnes fragilisées par l’âge, la maladie ou le handicap. » Cet engagement lui a valu d’être coopté dans de nombreuses instances ayant vocation à se mobiliser en faveur des autres. C’est ainsi qu’au milieu des années 70, il entre au Réseau APA. Il en assumera par la suite, à partir de 1999, la présidence pendant 16 ans. « Au cours de cet exercice, et plus particulièrement au début des années 2010, j’ai commencé à constater combien les soutiens publics et privés alors accordées étaient de plus en plus contraints ; alors que paradoxalement, avec la progression de l’espérance de vie, le nombre de personnes fragilisées par la maladie et le handicap ne cessaient de croître. » À cet amer constat, il fallait répondre. Et une idée allait vite être mise sur le tapis : « c’est alors que j’ai proposé, lors d’un conseil d’APALIB’, de créer une Fondation destinée à abonder les aides publiques. ». Peu de temps après, cette idée allait prendre corps et en 2012, la Fondation qui allait s’appeler AGES a été créée.

Bavard’AGES : est-ce que cela a été simple à mettre en place ? 

« En y repensant, la première impression qui me vient est celle d’avoir eu à traverser un parcours du combattant. Ce n’était pas simple ! Il y avait un important travail administratif à réaliser mais aussi et surtout : il fallait rassembler ! ». La Fondation est constituée de plusieurs collèges : celui des Fondateurs (APALIB’), celui des personnalités qualifiées et celui des organismes institutionnels (ainsi que le Préfet). « Même en étant convaincu de la noble cause de notre action, fédérer toutes ces personnes et représentants, aussi motivés soient-ils, et organiser un rythme de fonctionnement n’était pas une simple affaire ! »

La Reconnaissance d’Utilité Publique remise par le Ministère et la mise de départ facilitée par l’acceptation d’un legs substantiel (auquel il fallait un sens d’utilité et de générosité), il fallait trouver la juste stratégie de collecte. « Notre action nous regroupe, avec ceux qui nous aident, comme une grande famille. Il y’a celle des donateurs particuliers et celle des grands donateurs et partenaires. C’est le développement de ces deux belles familles qui nous permettra de réaliser notre raison d’être au service de ceux fragilisés par l’âge, le handicap et ceux qui les aident. » 

Aujourd’hui, les soutiens reçus ont permis à une quarantaine d’associations de concrétiser leurs projets. « Les appels au grand public ne sont pas suffisants pour satisfaire les demandes dont nous sommes saisis. Tout en conservant ce lien avec la générosité individuelle du particulier (notamment grâce à d’innovants outils digitaux) la solution réside aussi dans le développement des liens avec les grands donateurs et bienfaiteurs. » La tâche, à comprendre comme un processus à étapes multiples, prend forme et les première résultats émergeant de la logique de campagne sont positifs. « Les actions et accords conclus ces derniers mois, y compris avec notre partenaire de référence qu’est le Crédit Mutuel, vont dans le bon sens. Cela va nous permettre de remplir nos missions, je le souhaite de tout cœur. »

Bavard’AGES : vous avez contracté de nombreux engagements bénévoles au cours de votre vie. Parmi ceux-ci, qu’est-ce que la présidence de la Fondation AGES représente de particulier pour vous ? 

« J’interviens encore à ce jour dans plus d’une dizaine d’associations. Cette présidence, à la Fondation AGES, me tient particulièrement à cœur dans le sens où l’engagement bénévole fait sens. Oui, dans une certaine mesure, il donne un sens supplémentaire à l’existence. » Si l’on considère que, aujourd’hui plus qu’hier, la société est en perte de repères, alors un engagement bénévole, sur le terrain ou à l’administration d’un bureau, peut constituer une sorte de phare dans la nuit qui éclaire la « bonne » direction à suivre.

Jean-Marie MEYER est très attaché au soutien de ceux « qui nous ont précédés » et qui dans le grand âge sont accablés par la maladie, le handicap et la solitude. Son souhait est simple : « que cela continue, que l’on puisse recruter toujours plus de donateurs pour soutenir plus de projets et que l’on puisse honorer au mieux ceux que l’on oublie parfois. »

Jean-Marie MEYER a pu voir, au cours de ces nombreuses années d’exercice, ce que la générosité « de la grande famille des bienfaiteurs » a déjà permis d’accomplir. Il s’autorise alors, fort de son expérience d’analyse des indicateurs, à mesurer cette générosité et à formuler « c’est en s’investissant au service de belles causes que l’on récolte des satisfactions et que l’on enrichit son cœur ! »

« Les actions engagées me rendent confiant pour l’avenir, commence-t’il en guise de conclusion avant d’ajouter : ainsi que la tradition d’humanisme rhénan que cultive depuis toujours notre terre d’Alsace. Ensemble ils constitueront les forces pour aider ceux qui demain comme hier et aujourd’hui font appel à notre Fondation ! ». 

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